Dans son dernier ouvrage, Après la crise, consacré à la crise de 2007-2009 qui semble se poursuivre par à-coups successifs, Alain Touraine écrivait « Le but à atteindre est la reconstruction d'un ensemble vivant et actif, ce qui passe par une redéfinition des principaux acteurs par eux-mêmes, une bonne connaissance de l'ennemi à combattre et la conscience des enjeux communs qui existent entre les acteurs sociaux. C'est la conscience de l'adversaire qui est la plus facile à acquérir. »
Après avoir analysé successivement l'adversaire et l'enjeu dans des analyses antérieures, Jean Blairon s'attache ici à l'acteur, achevant ainsi d'examiner le cycle des composantes de la production de la société par elle-même, telle que la définit Alain Touraine.
Dix ans de médiation, dix ans de leçon ? - Réflexions sur le travail social à l'occasion de l'anniversaire du Centre de Médiation des Gens du Voyage
Le 11 octobre 2011, le Centre de Médiation des gens du Voyage et des Roms en Wallonie fêtait son 10è anniversaire, lors d'une journée d'étude. Cette analyse est la retranscription de la conclusion de cette journée, assurée par Jean Blairon. En partant de la question du nom que s'est choisi l'association vu comme un catalyseur, et de sa formule emblématique « Gens de partout, gens de chez nous », il expose une analyse des principes de médiation du Centre.
Dans une analyse antérieure (« L'adversaire, après la crise ») nous avons examiné les thèses qu'Alain Touraine défend dans son dernier ouvrage « Après la crise ». Nous avons montré que la définition qu'il donne de l'adversaire pose des questions majeures aux acteurs du contre-pouvoir.
Nous poursuivons en analysant comment Touraine définit les enjeux communs aux acteurs sociaux. Par « enjeu », le sociologue entend une ressource centrale pour le conflit, plus ou moins structuré et structurant, qui est au centre de la production de la société, et autour duquel les acteurs se rassemblent et s'opposent à la fois, se disputant sa possession et son interprétation.
Dans une analyse antérieure, Jean Blairon proposait une réflexion sur l'adversaire que les acteurs du contre-pouvoir doivent pouvoir identifier pour le combattre. Il s'appuyait pour ce faire sur le dernier ouvrage de Touraine, Après la crise, et montrait qu'il n'y avait plus consensus sur cet adversaire, ce qui a bien entendu des répercussions sur les mouvements sociaux, anciens ou émergents, qui ne savent plus « à quel adversaire se vouer ».
Le « cadre d'auto-évaluation des fonctions publiques » (CAF) introduit la « logique client » comme référence de l'action publique. Les définitions, d'une opportun(ist)e imprécision, du terme « citoyen/client » recouvrent une traduction opérationnaliste du terme « service public » en « services au public » et remplacent la culture du service public par une logique instrumentale. Cette extension tous azimuts des logiques marchandes constitue un des « chevaux de Troie » si difficile à combattre par les mouvements sociaux.


