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Institut Cousot - Dispositif de prévention, situation de crise et médiatisation

Interview de la directrice, Anne-Françoise Wauthy, et du sous-directeur, Jean Colot

Par Jacqueline Fastrès - Mai 2008

Comment l'école a-t-elle géré le brusque coup de projecteur médiatique braqué sur elle ?

JC - Dès le premier jour, nous avons organisé un point presse, mais nous avons demandé aux journalistes de ne pas entrer dans école. Sinon, si on s'était laissé faire, 20 minutes après, il y avait déjà des journalistes partout ; il a fallu canaliser. On craignaient qu'ils n'abordent des jeunes et ne leur fassent dire n'importe quoi, vu que tout le monde était choqué sur le moment. On a aussi demandé aux professeurs de ne plus parler aux journalistes. Ces derniers ont été corrects globalement, ils attendaient ; comme il y avait un point presse tous les jours, ils avaient toutes les infos à 17H : bilan de santé, actions entamées, questions-réponses. Nous avons été énormément sollicités, et nous avons répondu à une invitation de la RTBF pour un débat, mais cela c'est arrêté là pour nous.

AFW - A la rentrée, ils sont tous revenus à la charge, tous. On a cédé pour monter qu'on rentrait dans la confiance, sans peur, en mettant l'accent sur le projet de l'école, pas sur l'affaire. On était soulagés car l'image de l'école par rapport aux parents aurait pu être désastreuse, mais nous avons fait une bonne rentrée. On n'avait pas commis de faute, mais on ne sait jamais. L'image, ça compte.

Identifiez-vous des séquences médiatiques qui vous ont été préjudiciables ?

AFW - Les médias jouent sur le sensationnel et l'émotion, cela a été un remue-ménage terrible au début, mais en dehors de cela, il n'y a eu aucun intérêt sur les questions du quotidien des écoles. Nous avons plusieurs fois proposé à la RTBF de venir faire un reportage, toute une journée avec nous, pour nous suivre, dans le cadre par exemple de l'émission radio du samedi midi " Transversales ". Pas de réaction. Pourtant, cela aurait permis de montrer ce qu'est le travail de la direction dans une école comme la nôtre. Mais il faut être honnête, ce sont aussi les spectateurs qui sont avides de sensations. Et même chez nous, si cela n'a pas débordé dans les propos des élèves, c'est aussi parce que nous avons cette politique de transparence, de démocratie, de respect au quotidien.

JC - Plus largement, les médias font une assimilation de l'enseignement général avec les filières techniques et professionnelles, et donnent une caisse de résonance excessive à certains problèmes qui concernent le premier et pas les secondes, par exemple le décret inscription. Médiatiquement, cela a pris une ampleur terrible, alors que cela ne concernait que quelques écoles, en section générale. Nous ici, on en a rit, on avait une file de…une personne ! Par contre, ce qui est moins risible, c'est qu'on donne la parole à des parents mécontents, qui font la file devant des écoles huppées, et qui savent s'exprimer, mais qu'on ne la donne jamais à des parents d'élèves en CEFA. Là encore, il y a une récupération médiatique et, consécutivement, politique, qui nous paraît inadmissible.