En tant qu'évaluateur externe du Réseau international des travailleurs de rue, Jean Blairon a produit deux contributions. En s'éloignant du modèle gestionnaire de l'évaluation, qui, malheureusement, corrompt de plus en plus la notion même d'évaluation, il invite les membres du réseau à réfléchir sur le sens et la valeur de leur action, à partir de plusieurs trames d'interrogations.
La première concerne le programme 2012 du Réseau, et part du constat que le Réseau, via le programme « Progress », est dans une situation de stabilisation partielle (essentiellement pour les protagonistes européens), stabilisation qui est assortie d'une inscription dans les politiques sociales européennes, dont il convient d'observer les effets afin de ne pas s'inscrire dans le registre du leurre, voire du renforcement de la domination.
En tant qu'évaluateur externe du Réseau international des travailleurs de rue, Jean Blairon a produit deux contributions. En s'éloignant du modèle gestionnaire de l'évaluation, qui, malheureusement, corrompt de plus en plus la notion même d'évaluation, il invite les membres du réseau à réfléchir sur le sens et la valeur de leur action, à partir de plusieurs trames d'interrogations.
La seconde développe une trame réflexive qui pourra soutenir une explicitation commune des orientations du réseau en matière de lutte contre la pauvreté et, dans la foulée, l'élaboration éventuelle de stratégies collectives, en identifiant les controverses qui traversent les interventions du réseau en la matière.
L'accès des jeunes à une expérience significative de désintéressement (la solidarité active, dont ils sont trop souvent exclus) est-elle dans l’intérêt bien compris des acteurs de l’un ou l’autre champ? Par exemple, dans le champ économique, où le désintéressement paraît particulièrement éloigné des enjeux, mais où la véritable efficacité se joue dans la solidarité entre travailleurs et non dans des méthodes managériales. Ou dans le champ politique, où l’acte désintéressé se retrouve dans le « sens de l’Etat » des politiques. Quant au champ social, où la logique de désintéressement paraît la plus évidente, c’est sans doute là qu’il faut être le plus vigilant pour éviter qu’elle ne soit retournée à son désavantage.
Read more: Le service citoyen dans "la logique de l'intérêt bien compris"
Le 1er octobre 2011, le CIEP/ISCO organisait à Louvain-la-Neuve une journée d'étude intitulée « La formation d'adultes : un laboratoire pour l'action collective ? ». Jean Blairon y abordait la question de l'opportunité d'une certification des formations en éducation permanente, opportunité partiellement contrainte (« il faut bien s'adapter aux exigences du Décret de Bologne ») et incertaine (elle peut provoquer des conflits de légitimité, notamment). Il a choisi d'aborder la question en termes de politique de formation, postulant que toute politique de formation (orientation, choix incarné dans un dispositif) est aussi une formation de politique.
Par une mise en perspective historique et comparative, il emprunte aux Chicanos et à Amilcar Cabral des points de repères en matière de production de savoir dans un mouvement social. Il les oppose ensuite à l'obscénité (au sens marcusien du terme, qui désigne l'impudence plus que l'impudeur) à laquelle on peut être confronté à la lecture d'une UF (unité de formation) en promotion sociale. On y constate en effet un choc entre une logique managériale psycho-pédagogique et une logique critique. Il aborde enfin le rôle de la critique dans l'élaboration d'épreuves pertinentes et équitables.
Read more: Formation militante et certification : un équilibre fragile?
Cette analyse est la retranscription d'un exposé réalisé lors d'une journée d'étude organisée à l'intention de tous les acteurs du monde associatif par la Croix-Rouge de Belgique le 21-10-2011 « La formation des volontaires : pourquoi ? Comment ? ».
Jean Blairon y aborde la question de la formation des volontaires (et notamment celle de « l'opposition » volontaires/professionnels) par la lorgnette de l'éducation permanente, qui lie la question de la formation des adultes avec les mouvements ouvriers. Pour ceux-ci, la formation est un enjeu central : elle produit un savoir propre et autonome. Elle est liée aussi à un engagement dans la vie associative, et à la manière dont celle-ci s'institue.