header_carnet_carrefour_jeunesse

Carrefour Jeunesse de Charleroi - Une action communautaire sur la circulation de l'information

1. Le constat de départ

Anne HONNOREZ - Substitut du Procureur du Roi auprès du Parquet de Charleroi - section jeunesse

Est-ce que vous constatiez dans votre pratique quotidienne qu'il y avait un réel problème d'échange ou de communication entre les différents partenaires et est-ce que cela posait problème?

Je pense que tout le monde est arrivé à ce constat-là, que finalement chacun travaillait dans son secteur. C'est clair qu'on est tous motivés par le même intérêt qui est l'intérêt de l'enfant. Je pense que chacun dans nos secteurs différents c'est ce qui nous anime, c'est cette motivation-là. Mais effectivement, on est arrivé au constat que chacun travaillait dans sa dynamique, dans sa logique, sans spécialement faire attention à ce qui se passait à côté et sans s'occuper spécialement des intérêts des autres acteurs finalement, alors qu'on était tous animés par le même intérêt qui était l'intérêt de l'enfant. Oui, ça je pense que ce constat-là on pouvait clairement le faire.

2. Une réussite: le dialogue Parquet/SAJ

Anne HONNOREZ - Substitut du Procureur du Roi auprès du Parquet de Charleroi - section jeunesse

De votre point de vue, quelles sont les réussites engrangées à travers ce dispositif?

Pour moi il y en a une certainement, c'est le dialogue entre nous. Et je dirais plus particulièrement entre nous, Parquet de la Jeunesse, et le Service d'Aide à la Jeunesse, qui finalement est notre interlocuteur privilégié, le premier avec qui nous avons des contacts. Je pense qu'il y avait une absence totale de dialogue et j'irais même plus loin, il y avait même une incompréhension. Je pense qu'on ne se comprenait pas. On travaillait chacun avec nos règles. Les règles du milieu judiciaire ne sont pas les mêmes que les règles du secteur social, et notamment au niveau du facteur temps. Puisque pour nous, il y a des délais à respecter, on travaille sans doute plus vite que le travail qui est accompli dans le secteur social. Et je pense qu'à certains moments il y avait une réelle incompréhension entre nous. Ce Carrefour Jeunesse a permis de lever cette incompréhension, et finalement de travailler beaucoup mieux. Nous avons mis en place une certaine méthode de travail qui nous aide beaucoup, aussi bien le Service d'Aide à la Jeunesse que le Parquet de la Jeunesse. Il permet d'éviter les incompréhensions mutuelles. Notamment, je peux citer un exemple concret: quand nous envoyions un dossier au Service d'Aide à la Jeunesse, nous n'avions jamais de retour. Et donc, à partir du moment où ce dossier était envoyé chez eux, on ne savait pas se qui se passait. Ce qui justifiait à certains moments qu'on relançait les enquêtes ou qu'on les interpellait, alors qu'ils ne nous répondaient pas. Alors maintenant on a trouvé une méthode de travail; dès qu'on envoie un dossier chez eux, on a un accusé de réception et on sait ce qui est fait. Ce qui suscite évidemment un gain de temps pour tout le monde; on ne sollicite plus spécialement les services de police, et eux on ne les inonde pas de courriers non plus. Et je pense que de cette manière-là les choses sont beaucoup plus claires.

3. Les difficultés rencontrées

Anne HONNOREZ - Substitut du Procureur du Roi auprès du Parquet de Charleroi - section jeunesse

Lors de notre journée de travail en octobre 2007, nous avions choisi un sujet qui était pour moi un sujet fort intéressant: la place et le rôle de l'avocat. Le fait que les services communiquent des informations aux avocats. Et je pense que par rapport à tout ça on n'est pas arrivé au bout de notre travail. Et donc je pense qu'on s'est rendu compte aussi que l'administration est une machine quand même relativement lourde. Je pense qu'au sein de ce groupe de travail, la quasi totalité des personnes qui étaient là avaient envie de faire avancer ce sujet et de permettre un meilleur échange d'informations entre les services, entre les avocats et tous les acteurs présents. Ici on se rend compte qu'au niveau de l'administration c'est quand même lourd à mettre en place et que les avancées ne sont pas aussi significatives qu'on l'aurait voulu.

4. Le travail en réseau

Anne HONNOREZ - Substitut du Procureur du Roi auprès du Parquet de Charleroi - section jeunesse

Pour le Parquet Jeunesse, est-ce que la notion de travail en réseau est essentielle pour pouvoir fonctionner correctement?

Moi je pense que c'est important. Parce que nous sommes tous animés par le même intérêt, qui est l'intérêt de l'enfant. Et donc moi je pars du principe qu'il faut qu'il y ait un maximum de dialogue entre nous tous et un maximum d'échange d'informations. En plus, le Parquet Jeunesse est vraiment la plaque tournante; il reçoit les informations du SAJ, du SPJ, s'il y a un dossier pénal qui est ouvert, on peut nous prendre les informations et éventuellement les communiquer, dans la mesure évidemment du respect du secret de l'instruction, du secret de l'information, mais je pense que c'est fondamental. Et le fait de se connaître et de se voir régulièrement, permet plus facilement, ça je pense qu'il faut être clair, permet plus facilement cet échange d'informations. Mais j'insiste bien sûr, toujours dans le respect des règles de Droit pénal et dans le respect du secret de l'information, de l'instruction. Mais je pense que le fait de se connaître fait tomber des barrières et permet un meilleur échange d'informations. Ça je pense que c'est fondamental. Et c'est ce que je retiens moi de tout ce travail en réseau.