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Carrefour Jeunesse de Charleroi - Une action communautaire sur la circulation de l'information

1. Des intérêts divergents ou un intérêt commun?

Pierre-André HALLET - Juge de la jeunesse

Les participants à ces réunions ont des intérêts relativement divergents, en tout cas évoluent dans des mondes relativement différents. Selon vous, quel est l'intérêt commun finalement de toutes ces personnes, de se mettre autour de la table?

Je ne dirais pas qu'ils ont des intérêts divergents. Ils ont essentiellement un intérêt commun: c'est l'ensemble du secteur de l'aide à la jeunesse. Chacun avec nos attributs, nos fonctions, nos responsabilités, notre autorité, nous intervenons tous dans l'intérêt du jeune, c'est vraiment un critère qui nous réunit tous, ça me paraît évident. Et j'ai envie de dire, avec a fortiori dans ce secteur-là, si on y travaille c'est qu'on a vraiment une passion pour la jeunesse. Donc l'intérêt n'est certainement pas divergent. Les fonctions sont vraiment différentes, les statuts sont différents, les responsabilités sont différentes. Ça c'est très clair. Entre une AMO comme Droit des jeunes et un juge, le moins qu'on puisse dire c'est qu'on ne se situe pas sur l'échelle d'intervention dans l'aide à la jeunesse sur le même pied, au même niveau. Cependant je pense qu'il est vraiment intéressant d'être confronté chacun dans nos fonctions, même si ça fait l'objet parfois de polémiques assez importantes, mais c'est ça qui est enrichissant aussi. Comprenez-moi bien, c'est clair qu'il y a des missions qui sont différentes, les fonctions sont différentes, mais nous avons vraiment un intérêt commun. Et ça nous l'avons ressenti très clairement lors de ces rencontres au Carrefour jeunesse. On est par rapport à la finalité sur la même longueur d'onde. Nous cherchons à faire en sorte que la situation s'améliore dans la région de Charleroi, dans l'intérêt du jeune, point. Ça je pense que c'est très clair, que c'est ce qui nous motive tous à nous réunir, même si nous avons des divergences de point de vue qui sont parfois très conséquentes.

2. Deux réussites essentielles

Pierre-André HALLET - Juge de la jeunesse

Est-ce qu'il y a selon vous des réussites engrangées grâce à ce dispositif?

A première vue moi je vois deux réussites essentielles. Pour moi la plus importante des réussites c'est qu'on a pu pérenniser la chose: on a un lieu de dialogue qui est maintenant en quelque sorte «institutionnalisé» - le terme est peut-être un peu excessif - structuré et organisé, où les responsables de services sont présents. Et je pense qu'à la longue, même si parfois le dialogue est encore un peu rude, on a une estime réciproque et ça me paraît vraiment essentiel. Seconde réussite: on a eu l'occasion dernièrement d'organiser un colloque qui a eu un franc succès. Ce succès m'a même surpris, parce que je ne m'attendais pas à ce qu'il y ait autant de monde. Ce qui est d'ailleurs révélateur qu'il y a une demande d'information. Ça a été organisé par le Carrefour jeunesse, je trouve que c'est une formidable réussite également.

3.Les difficultés rencontrées

Pierre-André HALLET - Juge de la jeunesse

Est-ce qu'il y a par contre des obstacles, des difficultés, qui restent importantes notamment en termes de dialogue et d'échange?

Deux choses. Première chose, je pense qu'il faudrait réfléchir à la composition de ce Carrefour jeunesse. Finalement, c'est un peu étonnant, il y a deux représentants du parquet, deux représentants du barreau, il n'y a qu'un seul représentant pour le SPJ, un seul représentant pour le SAJ, un seul représentant pour la magistrature assise, les juges, et un seul représentant pour l'ensemble des secteurs mandatés de l'aide à la jeunesse. Ça ne me paraît pas très équilibré. Seconde difficulté: c'est de se mettre d'accord sur le sens des mots. Nous venons d'horizons différents, nous venons de cultures différentes, nous avons des formations différentes et il est vraiment difficile de bien se comprendre. Ça c'est vraiment encore un écueil bien présent. C'est bien d'avoir des bases communes au niveau du langage, et ça je me rends compte que c'est vraiment encore une difficulté. Je ne me décourage absolument pas du tout, je pense qu'à force de discuter, de dialoguer, même parfois rudement, on va arriver à un résultat positif.

Une amélioration du dialogue?

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Un des objectifs était d'améliorer le dialogue et la communication entre les acteurs. Est-ce que vous constatez dans votre pratique quotidienne que c'est le cas, qu'il y a une amélioration?

Non, je n'irais pas jusque là. Nous nous réunissons à huit et entre les personnes qui sont là présentes, le dialogue soit est approfondi, soit pour certains débute. Parce que nous revenions de loin, dans l'absence de communication. De là à dire que de manière générale dans l'ensemble du secteur la communication circule mieux, non, on n'en est pas du tout encore là. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle je pense que ce serait important d'un peu modifier sa composition pour permettre probablement à d'autres représentants du secteur d'être présents et d'être le porte parole de leur association. Ça je pense que c'est important. Autrement dit, je pense qu'il est vraiment essentiel qu'il y ait un retour dans le secteur de la façon dont ça se déroule et que les personnes qui soient présentes soient bien le porte-parole. Si on veut améliorer la communication de manière générale, ça me paraît vraiment un élément important.