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L’année internationale de lutte contre la pauvreté s’achève. La revue Politique consacrera son premier numéro de 2011 à cette thématique, en se posant la question « l’image des pauvres se sera-t-elle modifiée » après ce coup de projecteur international ?

L’interfédé des EFT et OISP a souhaité consacrer un numéro de sa revue, L’essor de l’interfédé, à la question de l’évaluation des stagiaires. Jean Blairon, sollicité dans ce cadre, a choisi de lire la thématique par la lorgnette de l’analyse institutionnelle.

Dans le domaine de la formation continuée d’adulte dans le secteur associatif, comme dans bien d’autres champs, il est des « analyseurs » qui permettent de jauger les conflits et les rapports de pouvoir qui s’y jouent. La thématique de l’évaluation est un de ces analyseurs, et elle nous renseigne sur un certain nombre de régressions vécues par le secteur dans la manière dont il est jugé pour ce qu’il fait.

Chronique du Forum des travailleurs sociaux de rue au Festival des Libertés

Le festival des libertés, organisé chaque automne par Bruxelles Laïque asbl, mobilise des formes d’expressions variées pour « se faire le témoin de la situation des droits et libertés dans le monde, alerter des dangers qui guettent, rassembler dans la détente, inciter à la résistance et promouvoir la solidarité ». En 2010, l’ouverture du 2è Forum des travailleurs sociaux de rue, dans le cadre de ce festival des Libertés, s'est effectuée dans la grande salle du Théâtre National. La place de la culture dans le dispositif s'est marquée dès l'abord par une scénographie particulière : sur la scène,  les impedimenta classiques des colloques internationaux ont été remplacés par des objets signifiant la présence de « la rue » ; les intervenants sont assis dans des brouettes renversées ; les tables sont remplacées par des bacs de bière. Dans le fond de la scène, à droite, une énorme poubelle nous rappelle que trop d'êtres humains sont désormais traités comme des déchets (des « surnuméraires » selon R. Castel ; des « inutiles au monde » selon A. Touraine).

Les opérateurs de l'Insertion socioprofessionnelle et de l'Economie sociale d'insertion, sont régulièrement interpellés sur l'évaluation de leurs actions et la mesure de leurs impacts par les organismes subsidiants.

De manière systématique, des  « contraintes évaluatives » sont imposées aux différents acteurs de ce secteur. L'évaluation s'inscrit bel et bien comme un levier central des politiques actuelles...

Les derniers chiffres du chômage sont tombés ! Non pas les chiffres du nombre de nouveaux chômeurs, mais ceux des ex-chômeurs. Non pas les personnes qui ont retrouvé un emploi mais les personnes qui sont exclues du bénéfice des allocations de chômage. Depuis quelques années, le «plan d'activation des chômeurs» a en effet introduit une série de conditions en vue de bénéficier durablement de ce droit à l'assurance chômage.  Sont-elles équitables ou tout simplement honorables ?

Danièle Linhart : Travailler sans les autresLa lecture du livre « Travailler sans les autres ? » de Danièle Linhart (Paris, Gallimard, 2009) prolonge utilement celle de « Perte d’emploi, perte de soi » (voir la présentation de cet autre livre dans le même dossier). C’est qu’il s’agit pour l’auteure de faire le point sur un ensemble d’enquêtes réalisées à l’écoute de diverses situations de travail. Situations de travail en milieu privé (ainsi au sein de collectifs d’ouvrières d’abattoirs) comme en milieu public (comme La Poste française), ce qui permettra à l’auteure de croiser les analyses en observant un étonnant chassé-croisé.

 

linhart_perte_emploi_perte_soiLe livre « Perte d’emploi, perte de soi » (Toulouse, Erès, 2009) est issu d’une enquête réalisée par un collectif de sociologues auprès d’un peu moins d’une centaine de travailleurs choisis parmi plusieurs milliers de victimes d’une fermeture définitive d’une entreprise française du secteur automobile, l’usine Chausson à Creil (située à une soixantaine de kilomètres au Nord de Paris), trois ans après les faits. Les faits sont chiffrés comme suit : un premier plan social de 1.104 licenciements sur 2.549 postes et un deuxième de 435, puis finalement la fermeture avec sa « remise à zéro ». Quels sont les effets de cette fermeture, même assortie d'un « bon » plan social, pour chacun des ex-travailleurs, pour les collectifs ouvriers, pour la région et finalement pour la société entière ? C'est le point de départ de cette enquête surprenante.

En cette année européenne de lutte contre la pauvreté, force est de constater que les discours angéliques sont peu suivis de mesures efficaces pour imposer aux Etats le respect des droits fondamentaux. Cette analyse propose d’identifier les facteurs de déperdition qui déforcent la lutte contre les inégalités.

Accueillir des personnes adultes handicapées en journée, telle est la mission des SAJA (services d’accueil de jour pour adultes). Derrière la mission, quelle politique d’accueil défend-on ?

En conclusion d’une journée de séminaire organisée le 26 février 2010 par le SAJA Le Tandem, Jean Blairon propose ici une lecture micro-politique de l’acte d’accueillir.

La « crise » économique que nous traversons (qui, dans les discours de beaucoup, semble relever  désormais de l'accident imprévisible dont personne ne serait responsable, comme une sorte de catastrophe naturelle...) est le théâtre d'une montée en puissance de l'obscénité.

Cette étude, réalisée à la demande du dispositif d'insertion socio-professionnelle du CPAS d'Esneux, se base sur les données recueillies auprès de stagiaires bénéficiaires de ce dispositif et des professionnels qui les encadrent.


Dans cette analyse, nous proposons plus spécifiquement des pistes de réflexion et d’action pour les services, pour éviter de reproduire à petite échelle ce qui pèse sur les Roms à grande échelle.

Dans cette étude, nous avons abordé la question au départ de la parole des familles et des services. Ce qui nous a été dit nous a amenées à nous pencher sur trois aspects mis en avant par les participants et étroitement imbriqués, menant les Roms d’une situation dramatique à une autre pire encore.

« La révolution que nous attendons (...) doit consacrer la prééminence de la richesse des bras sur toutes les autres. »
L'écho de la fabrique , 6 octobre 1833.

Au départ d'un texte écrit peu après la révolution de 1830 en France, dans lequel des ouvriers lyonnais revendiquent que leurs bras soient reconnus comme première source de richesse, Jean Blairon et Jacqueline Fastrès examinent dans cette analyse les parallélismes que l'on peut faire avec la situation que nous vivons aujourd'hui. Comment l'économie immatérielle met-elle à mal cette revendication qui peut paraître acquise et quelles seraient les conditions pour se prémunir de ce retournement?

Ce texte est la retranscription d'une intervention réalisée par Jean Blairon au CEPAG (mouvement d'éducation permanente proche de la FGTB-Wallonne) en mars 2009 devant des animateurs issus de toutes les centrales syndicales. Il s'agissait à cette occasion d'étudier l'apport possible de la sociologie de Pierre Bourdieu pour les luttes syndicales et d'interroger les « occasions manquées » - à ne plus manquer à l'avenir - pour que se manifeste un mouvement social qui réunirait associations et syndicats.

En ce début d'année 2009, nous nous situons, en matière de politique d'insertion sociale et professionnelle, à un carrefour particulièrement complexe. Peut-on espérer en matière de politiques sociales et économiques un reflux des " avancées conservatrices " que nous subissons depuis de nombreuses années ? Nous aimerions produire dans les lignes qui suivent une série de questions pour en baliser les espaces possibles.

Parmi les nombreux exemples d’évolutions qui, derrière l’objectif louable d’améliorer les pratiques, contribuent à brouiller les cartes de la critique sociale, nous avons analysé celui de la notion de « client », qui est à lire côté face, mais aussi côté pile. Nous avons relevé les questions que son usage pose dans le domaine du handicap.

Nous avons été sollicités par le Cefoc (Centre de Formation Cardijn) pour analyser avec leurs formateurs les diverses facettes de l’acte de former en milieu populaire.
Nous proposons ici l’entièreté des analyses que nous avons consacrées à ce travail.

Nous y poursuivons notre analyse du concept de classe sociale et plus précisément de classe populaire en examinant l'apport que peut constituer une approche sociologique pour aborder la question : quelle politique de formation mener aujourd'hui à destination d'« un public populaire » ?

Les deux premiers textes proposent une méthodologie d'exploration participative pour mener à bien cette investigation, puis envisagent l'apport de la sociologie de Bourdieu à ce propos. Quatre autres  analyses complètent cette approche (à partir de la sociologie de Goffman, Boltanski et Touraine).

Pour ne pas manquer la compréhension de nouveaux mouvements de société, nous nous proposons d'étudier quelques-uns des usages sociaux problématiques (et leurs effets) du thème de la résistance dans les luttes sociales et culturelles, notamment celles qui émanent ou qui touchent à l'éducation populaire.

Des questions à se poser – puisque personne ne les pose?

En 2004, la Région wallonne modifiait la politique de formation promue par les pouvoirs publics à l'intention des citoyens frappés par des difficultés d'insertion sociale et professionnelle. On passe alors d'une politique structurée autour du concept de "parcours d'insertion" a une politique organisée comme un "dispositif intégré".  Chaque année, une évaluation qualitative et quantitative du Dispositif Intégré d'Insertion Socio-Professionnelle est réalisée.

Très utilisé dans le secteur social, «l'accompagnement» est un terme qui paraît adéquat aux travailleurs sociaux pour caractériser leur pratique et leur travail avec la personne aidée/suivie. Cette dénomination, d'apparence simple et explicite, génère pourtant des controverses tant au niveau de son utilisation que des pratiques d'accompagnement concrètement observées.

Chaque année, diverses études nous fournissent des statistiques concernant la pauvreté en Belgique. Généralement, l'information retenue concerne le seuil de revenus financiers minimal sous lequel une personne ou un ménage sera considéré comme pauvre.

L’intérêt que nous portons aux associations - non seulement à leur structure et fonctionnement, mais aussi à l’implication subjective de ceux qui y travaillent ou y exercent des responsabilités comme bénévoles - nous invite à observer et interroger à la fois les évolutions et résistances au changement qu’y suscite un emprunt, plus ou moins important, aux pratiques du « nouveau management ».

Dans un contexte général de diminution et de rationalisation des dépenses publiques, les secteurs de l’action sociale se voient de plus en plus imposer un impératif de « bonne gestion publique ». Pour ce faire, le management en vigueur dans le secteur privé est souvent présenté comme porteur de belles promesses. En effet, l'implantation des outils et des techniques du management privé devrait apporter le salut à des secteurs de l'action sociale ayant trop longtemps ignoré les questions d'efficacité, de qualité et de bonne gestion!

« Populaire » est souvent utilisé pour qualifier des positions et des pratiques dans les champs économique, politique, social et culturel. On pense, par exemple, à des expressions comme épargne populaire, vote, milieu et culture (folklore, opinion, éthos) populaires. Les situations qu’il connote – cadre collectif ou une posture individuelle – sont nombreuses et la diversité des sujets ou objets qu’il sert à caractériser ne vont pas sans donner le sentiment d’une surcharge et entraîner de la confusion.

La question qui est posée par le Comité subrégional de l’emploi et de la formation de Namur opère un lien entre une pénurie de main-d’oeuvre dans le secteur de la construction (qui lui semble étonnante au vu des investissements consentis en matière de formation dans le secteur de l’insertion socioprofessionnelle) et les « abandons » constatés (ou supposés) dans le cadre de programmes organisés dans le contexte du Dispositif Intégré d’Insertion socio-professionnelle.

Un discours annonçant la disparition des classes sociales est apparu et semble s’être imposé dans la société post-industrielle. Ce slogan post-moderne a trouvé soutien dans l’annonce de la fin des idéologies par les «Fondations» mobilisées pour chanter les bienfaits de l’économie néo-libérale et le développement d’une forme nouvelle du capitalisme plus « sauvage » qu’ « industriel ». Il s’est sans doute d’autant mieux imposé que le mur de Berlin s’effondrait et que la pensée marxiste se faisait discrète.

Travail et capital culturel: de nouveaux enjeux d'égalité

Dans les entreprises, les écoles ou les centres de formation, la compétence est désormais à l'ordre du jour. Mais quelles sont les conséquences de cette culture nouvelle sur l'égalité?

A l'occasion du deuxième chantier namurois des Assises de l'égalité, les partis et associations progressistes ont eu l'occasion d'explorer cette question. Leurs débats et réflexions ont débouché sur la rédaction d'un texte de synthèse et nous proposons dans une nouvelle édition du magazine Intermag un dossier spécial consacré à cette thématique.

une analyse des pratiques institutionnelles de l'EFT Le Trusquin.

En visualisant le travail d’une institution comme celle-ci, il est utile de mesurer notamment quels espoirs les stagiaires peuvent investir en elle et de se rappeler que ces espoirs, même s’ils sont multidimensionnels, n’en ont pas moins une colonne vertébrale : le travail, dans ses dimensions de qualification (au sens d’habileté technique) et d’employabilité (« autonomie-responsabilité-flexibilité » pour les uns, « dignitétransaction-coopération », pour les autres).