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Goffman, sociologue de l’interaction en face à face, s’est attaché à montrer comment la vie sociale s’articulait autour de la notion de territoire et de ses vicissitudes. Nous sommes tous des interactants ayant droit à des réserves territoriales que nous nous attachons à défendre et à protéger, tout en respectant celles des autres, et c’est cette double attitude que permet toute une « grammaire » territoriale, garante d’interactions fluides et évitant les conflits.


Dans cette seconde analyse, nous amènerons un point de vue plus méso : en montant au niveau des groupes (et non plus des individus), nous tenterons un travail sur les représentations de la question de l’hygiène, représentations qui ne sont évidement pas sans effet sur la relation interpersonnelle puisqu’elles la colorent fortement.

Nous sommes tous influencés par le milieu dans lequel nous vivons, et nous finissons par voir le monde à travers des « lunettes » que nous n’identifions même plus tant nous les avons incorporées.


Dans cette troisième analyse, nous adopterons une approche plus globale, en tentant de voir quels éléments plus sociétaux s’immiscent dans la question de l’hygiène, et dont la compréhension peut permettre d’en relativiser la signification. En d’autres termes, dans quels paradigmes l’hygiène est-elle pensée, vécue, incorporée aux habitudes, à tel point que nous n’en avons même plus conscience ?


La Ficeméa est une association internationale qui vise à promouvoir « l'éducation nouvelle », qui est ainsi définie par l'association : « L’Éducation nouvelle a pour but l'émancipation des individus tout au long de leur vie, leur formation en qualité de citoyen afin de promouvoir la vie démocratique. ». Elle compte des membres dans de nombreux pays, sur plusieurs continents.

L’association a commandé à RTA une recherche-action destinée à soutenir une réflexion autour de l'identité commune à ces associations, dont les réalités sont bien différentes d’un endroit à l’autre. La recherche-action devait constituer une analyse des questions stratégiques posées à la Ficeméa par la diversité des pratiques que ses membres mettent en œuvre au quotidien.


Cette analyse est issue d’une intervention de Jean Blairon dans les travaux de l’université d’été du Setca-SEL, en juillet 2018. Les travaux portaient sur l’état d’avancement du pacte d’excellence et sur les questions qu’il pose. Celles-ci avaient été instruites par Pierre Waaub et analysées dans son texte « Pilotage, contractualisation, évaluation, sanction ». Ce document servait de base aux travaux, en référence à l’avis n°3 du groupe central, qui est ici le matériau analysé par Jean Blairon.


Si le football est un sport très populaire, il est surtout un sport hypermédiatisé. Après une omniprésence médiatique de la coupe du monde, peut-on s’intéresser à ce qui nous a été livré en filigrane (très voyant) de quelques propos tenus à cette occasion ?


le 29 mai, la Fesefa (fédération des employeurs des secteurs de l’éducation permanente et de la formation des adultes) organisait son assemblée générale annuelle, à l’issue de laquelle était proposée une conférence-débat ayant pour thème « Vie associative : un contre-pouvoir est-il encore possible aujourd’hui ? » ; Jean Blairon avait été sollicité pour y intervenir.

Un certain nombre d’initiatives citoyennes se développent depuis quelques temps pour manifester une opposition ou une résistance aux diverses mesures qui, conjuguées, contribuent à mettre à mal l’État de droit. Si on peut saluer ces mobilisations citoyennes, il est pourtant nécessaire de garder une vigilance critique à propos de la manière de se les représenter.

On lit souvent que le recul de la gauche, qui s'observe dans de nombreux pays européens, est dû au fait qu'elle a perdu « la bataille culturelle ». Le plus souvent cette bataille culturelle est représentée comme une lutte de « camps » (les représentations et valeurs des dominants ; celles des opposants) et ses protagonistes sont décrits soit comme des agences (les universités, les médias) soit comme des agents (les intellectuels, les artistes).


Comme nous l’avons dénoncé déjà dans plusieurs analyses, on peut s’inquiéter de voir surgir, à une cadence de plus en plus élevée, des projets politiques divers et variés qui ont pour effet concomitant l’assimilation du monde associatif au monde marchand (par exemple, les récents projets de loi de code unique des sociétés du ministre Geens et du « travail associatif » de la ministre De Block).


Dans une précédente contribution, Philippe Mahoux évoquait la déstructuration de la vie associative que ne manquerait pas de produire la loi de réforme du Code des sociétés du Ministre Geens, en assimilant l’associatif à l’entreprise. L’une des controverses qu’il mettait en lumière concernait la vision de la « professionnalisation » supposée nécessaire du travail associatif, vision condescendante s’il en est puisque cette professionnalisation semblait ne pouvoir venir que du Saint Graal entrepreneurial, via par exemple, le mécénat de compétence.

Voilà qu’un autre projet de loi vise quant à lui à… déprofessionnaliser l’associatif. Il s’agit du projet de loi de la Ministre Maggie de Block sur le « travail associatif », permettant à une série de catégories de personnes (mais pas aux plus démunies) de prester un travail échappant à toute cotisation sociale et à tout impôt. C’est là une autre manière de déstructurer le travail associatif, en mettant à mal tout ce qui a justement contribué à structurer l’emploi dans ce secteur, qui en est un important pourvoyeur, ne l’oublions pas. Mais au-delà, cette loi constitue surtout une attaque des acteurs du contre-pouvoir que sont les associations. Cette attaque est opérée en y introduisant précisément ce travail déstructuré.

Il n'échappera à personne que la fausse professionnalisation (par la marchandisation) et la déprofessionnalisation, pour opposées qu'elles semblent être, concourent à la même entreprise de destruction.

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